Question (Fille / 2007)

Salut, désolée de vous déranger.

Ca fait depuis un moment que j ai l’impression d avoir subit un viol plus jeune et de ne pas m en souvenir, je sais que vous ne pouvez pas me dire si c est le cas ou non mais j aimerai savoir si c est possible au vu des expériences que j ai vécu et mes ressentis.

Quand j étais très jeune j étais “obséder” par le sexe. J y pensais tout le temps alors que je j avais même pas l âge de savoir se que c était. Je voulais tout le temps jouer a montrer nos parties intimes avec mes amis ou au “médecin”. Je voulais juste montrer et regarde celles des autres.

En grandissant c est devenu tout l inverse. J ai un dégoût profond pour le sexe et les hommes me font peur. À chaque fois que je commence à parler avec un garçon, même si je l’aime bien je dois tout arrêter parce que j ai peur des relations sexuelles qu il pourrait y avoir dans le futur. Je fais aussi très souvent des cauchemars ou je me fais violer.

Bien que le sexe me dégoûte et me fasse très peur, j aime la masturbation, ce qui je fais pas beaucoup de sens au vu des peurs que j ai. Voilà je voulais savoir si c était possible et si mon vécu peut correspondre à une sorte d amnésie traumatique. Merci d avance

Réponse

Tu ne nous déranges pas, nous sommes là pour te répondre et nous te félicitons de ne pas être restée seule avec tes questionnements. 

Comme tu le dis très bien, nous ne pouvons pas t’affirmer ou t’infirmer si tu as vécu un viol. 

Nous pouvons en revanche te dire que les transgressions de limites au niveau de la sphère intime (un viol, des attouchements, des contacts sexuels faits par une personne plus âgée (3 ans s’il s’agit d’une situation de mineurs), le fait d’être exposé à de la pornographie, etc.) laissent des traces dans la vie d’une personne et dans plusieurs domaines.

Parmi ces traces dites « traumatiques », plusieurs des éléments que tu évoques en font partie : le fait de penser tout le temps au sexe, le fait d’avoir des connaissances qu’un enfant d’un certain âge ne devrait pas avoir, le fait de se sentir dégoûtée par le sexe et craindre les hommes, faire des cauchemars répétitifs de scène de maltraitance sexuelle.

Tous ces éléments peuvent, en effet, être des traces laissées par un traumatisme. Il y a d’autres traces encore qu’un traumatisme peut laisser : l’impression de revivre des événements traumatiques sous la forme de flashbacks, des sentiments de peur, des sensations physiques intenses, l’évitement de pensées et souvenirs, l’évitement d’activités, de situations ou de personnes, des perceptions persistantes d’une menace (par exemple de l’hypervigilance ou des réactions de sursaut). 

Ce qui attire notre attention, ce sont les difficultés que tu dis rencontrer actuellement dans ton quotidien, et la souffrance qui peut y être liée. Tu évoques notamment que les craintes de relations sexuelles te poussent à arrêter un début de relation entamée avec un garçon par exemple.

Ce que nous pouvons t’encourager à faire, c’est de continuer ce que tu as magnifiquement débuté avec nous : en parler afin de ne pas rester seule et trouver du soutien. Y a-t-il par exemple un·e psychologue scolaire, infirmier·ère à qui tu pourrais parler ? Ou un·e médecin traitant qui pourrait t’orienter vers un·e psychologue ? Tu pourras y déposer tes questionnements, peut être y trouver certaines réponses, te sentir entendue, soutenue, et être guidée dans des recherches de solutions pour te sentir mieux au quotidien. 

Nous espérons avoir pu t’apporter quelques clés et nous te souhaitons plein de courage pour la suite de ton chemin. N’hésite pas à revenir vers nous. Prends soin de toi ! 

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 26 mars 2025

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